vendredi 4 octobre 2013

Liège : De la casquette à la penne

Sache que notre penne est l’emblème sacré
Que les vrais étudiants portent avec fierté

Dressée tel un roc défiant la tempête
Elle crache son mépris sur toutes les têtes
De ces étudiants portant le feutre mou
Des bourgeois trop ventrus ou les cheveux zazous.


Mais quelle passion vaut à un couvre-chef une ode, un poème célébrant sa gloire ? Je vais tenter de vous le faire découvrir au travers de sa naissance à Liège, notre Cité si ardente où la penne coule des jours – pas toujours heureux – depuis 150 ans maintenant…

La première mention du port d’un costume particulier par les étudiants liégeois remonte à l’année 1821 et est connue indirectement par des faits concernant l’Université de Louvain. Les étudiants de cette dernière se décident, à l’occasion de la réunion constitutive d’une société, à adopter, sauf la couleur, le costume que portent les étudiants de Liège. Cet uniforme consiste « dans un pantalon de frac noir descendant à la hauteur des genoux fait en mouchoir, fermé par une large ceinture de velours noir et d’une boucle d’acier, une calotte noire ornée d’un bouton d’acier, la tête couverte d’une espèce de bonnet ».

A Louvain, qui n’est pas encore, rappelons-le, le siège de l’université catholique, ce costume suscite l’inquiétude des autorités car il rappelle celui des étudiants de la Burschenschaft. L’idée même de l’extension, dans nos régions, de cette association et surtout de l’esprit égalitaire, libéral et favorable à l’unification politique de l’Allemagne (nationaliste) qu’elle véhicule, est redoutée. Constitué en 1817 à l’Université d’Iéna, ce groupement rallie rapidement tous les étudiants des autres centres universitaires d’Allemagne. L’assassinat, en 1819, par l’étudiant Karl Sand de l’écrivain Kotzebue, considéré comme un espion au service du Tsar, entraîne une forte répression de la part de Metternich. Les Décrets de Karlsbad interdiront les Burschenschaften qui entreront dans la clandestinité jusqu’en 1848, année où elles ont participé activement à la révolution allemande.


A Liège, il est arboré sans protestation des autorités ou de la régence de la ville. Il ne semble pas se maintenir, plus aucune source ne le mentionne postérieurement.

La réapparition d’insignes distinctifs de l’état d’étudiant est tardive. Il faut attendre octobre1860 pour en trouver une trace écrite et ce n’est que plus tard encore que l’iconographie apporte quelques renseignements.

Apparition de la couleur verte

A l’occasion de la visite du roi Léopold 1er à Liège, les étudiants portent des insignes particuliers : une écharpe tricolore portée en bandoulière sur le gilet, et en une petite cocarde verte portée à la boutonnière. Pour les délégués officiels, la cocarde est remplacée par une rosette à fond vert, à laquelle pendent deux glands d’or ; les étrangers portant l’écharpe aux couleurs de leurs nations respectives.

Les étudiants liégeois se choisissent le vert comme couleur distinctive sans qu’il soit possible de discerner les raisons de cette option, le vert est signe d’espoir, symbole de la jeunesse, mais aussi de l’inexpérience et de la crédulité… « qualités » de l’étudiant à son entrée à l’Université. Est-ce la raison de ce choix ou faut-il penser aux couleurs premières de la Révolution française ? Est-ce déjà la couleur de l’Université de Liège ou bien ce choix entraîne-t-il l’adoption de cette teinte par l’Université ? Ce sont des questions sans réponse.

Aucun récit de ces fêtes ne mentionne le port d’un couvre-chef propre aux étudiants. Pourtant, la casquette apparaît quelques mois plus tôt. Sa première mention est relativement imprécise, mais les faits sont confirmés par des éléments légèrement postérieurs.


Première mention de la casquette

Le 24 mars 1860, un étudiant se plaint au Recteur du mauvais accueil de la police et en attribue la raison à son « malheur d’oublier d’ôter sa casquette » : « Dans la nuit du 23 au 24, vers deux heures du matin, je suis allé au bureau de police, accompagné de quelques amis, pour réclamer un paletot enlevé par un agent de police à un jeune homme qui se trouvait avec nous. Le commissaire de service, sans nous entendre, nous fit conduire au secret. C’était peut-être son droit, mais ce que je nie c’est qu’il puisse m’appeler chenapan, polisson et se livrer envers moi à des voix de fait. Voici, Monsieur le Recteur, comment les choses se sont passées et deux témoins pourront confirmer ce que j’avance. En arrivant au bureau de police j’eus le malheur d’oublier d’ôter ma casquette : M. le commissaire m’apostropha de la manière la plus violente en me demandant si je pensais me trouver encore dans une maison publique, l’expression dont il se servit pour désigner ce lieu n’est pas celle que j’emploie ; le mot que Monsieur le commissaire emploie peut peut-être se dire mais certainement ne peut s’écrire. A cette interpellation je répondis que je ne pensais pas. »

Cette casquette semble de couleur verte si l’on en croit la communication faite au Recteur au sujet de la mort probable, dans le Rhin, d’Emile Cordy, étudiant de l’Université de Liège. L’habillement de cet étudiant est constitué d’un paletot noir, pantalon d’été gris, gilet de drap noir, cravate de soie, deux chemises, une paire de chaussettes de laine, des souliers et une casquette verte. Nous sommes en juillet 1860.


Identification de la casquette à l’étudiant

La casquette est ouvertement identifiée comme coiffure des étudiants dès mars 1861 : « Vers 5 ½ heures de relevée, nous avons appris qu’un rassemblement avait lieu sur la place Saint-Lambert. L’agent TRONION que nous avons envoyé sur les lieux, assisté des pompiers BAUDON et ROUSSEAU, nous a bientôt amené un individu coiffé de la casquette d’étudiant ; c’était l’auteur de scènes scandaleuses qui venaient de se passer et qui avait provoqué la réunion d’une foule tellement compacte qu’il n’y avait plus moyen de circuler de la place verte à la place Saint-Lambert. (…) Pendant toute cette soirée une foule immense a stationné aux environs de l’Hôtel de Ville et à chaque instant j’ai reçu la visite d’étudiants venant réclamer leur camarade. Parmi ces jeunes gens il y en avait qui étaient fort convenables, d’autres qui parlaient en maître ; les premiers ont été bien accueillis et les seconds ont été expulsés. Pour mettre un terme à toutes ces allées et venues, nous avons pris des mesures avec le chef de la garde des pompiers et l’accès de la permanence a été interdit à quiconque portait la casquette universitaire. Dès lors, les curieux se sont dispersés et tout est rentré dans l’ordre. »


Pourquoi donc les sources sont-elles muettes au sujet de cette casquette à l’occasion de la venue du Roi ? Probablement parce qu’elle en est à ses débuts, que son port n’est pas encore généralisé : portée par un nombre restreint d’élèves, elle ne doit pas encore réellement être perçue comme le symbole de l’état d’étudiant. Cela semble encore le cas lors du Congrès de 1865, les étudiants portent encore et toujours une cocarde verte.

Eugène Polain, bibliothécaire à l’Université, nous donne quelques informations complémentaires. Ayant habité l’Université dans son enfance (son grand-père, Mathieu-Lambert Polain, mort en 1872, étant administrateur-inspecteur), il a vu tous les jours les étudiants. « Leur costume, nous-dit-il, le jour de sortie, était très curieux : en 1869 [1867 ndlr], lors de la célébration du 50e de l’Université : ils avaient quelque peu copié le costume des universitaires allemands et portaient le pantalon blanc, une veste assez courte et fort étriquée. Ils avaient comme coiffure une petite casquette étroite avec une petite visière entoile cirée. »

On ne connaît donc pas grand chose de cette casquette. L’iconographie en donne une idée sommaire.


Pourquoi se coiffer d’une casquette ?

L’esprit frondeur de l’étudiant lui fait probablement opter davantage pour un couvre- chef différent de celui traditionnellement porté par les bourgeois (chapeau boule, haut de forme, etc.) dont ils sont en majorité issus.


L’imitation de la coiffe allemande doit aussi jouer un rôle mais il est difficile d’en jauger l’importance.

Enfin, la casquette, même d’un modèle ou d’un style différent, est la coiffure « à la mode » à l’époque romantique.


Ces circonstances donnent naissance à une casquette bien particulière : celle de l’étudiant liégeois qui rapidement va être personnalisée par l’ajout d’insignes.

Décoration de la casquette

Il est malaisé, à l’aide de dessins ou de photographies, de décrire une éventuelle décoration attestant de l’appartenance à telle Faculté ou année d’étude. Pourtant, une photo d’A. Polain, étudiant des Mines en 1868, permet de distinguer à la casquette une sorte de « bouton » sur le quel figurent deux pics croisés, symbole des étudiants des Mines.


Il est difficile d’identifier cet insigne sur la reproduction du fait de l’état de conservation du document qui fait également croire à une teinte noire du couvre-chef ce qui ne serait pas impossible pour les étudiants des Mines à la lecture de ce qui suit : une casquette d’étudiant des Mines conservée au Musée de la Vie Wallonne est de couleur bleue, ornée des deux pics des Mines et date de 1887 environ. Un autre couvre-chef d’étudiant des Mines, toujours conservé au Musée de la Vie Wallonne, est vert, orné de l’insigne des Mines et daté de 1880. Tout cela ne permet pas de se prononcer catégoriquement.

Un autre document, la couverture de l’Almanach des étudiants 1879, confirme la décoration de la casquette par un insigne indiquant les études entreprises.


L’uniformité majoritaire de la couleur verte de la casquette estudiantine transparaît à la lecture de ce récit d’une soirée au Pavillon de Flore, toujours en 1879 : « Tout est plein : dans la galerie mauresque du dessus, par-ci, par-là, émergent quelques têtes de femmes, quelques visages d’enfants, mais la casquette verte domine… Aux uns les pics croisés des mines, aux autres la balance du Droit, tout se coudoie, la pharmacie et le notariat, les futurs Esculapes et les aspirants ingénieurs… »

Le baptême de la casquette

Si la casquette apparaît vers 1860, on ne peut affirmer que le baptême soit contemporain de cette naissance car les sources et documents sont muets. Gustave Rahlenbeck, dans ses« Histoires Estudiantines » écrites durant l’année académique 1885-1886, tout en précisant que cette tradition ancienne n’est plus pratiquée que par quelques rares incorruptibles, décrit ainsi la cérémonie du baptême des casquettes : « (…) il ne faut pour toute une vie universitaire qu’une seule et même casquette dont l’état plus ou moins avancé est le baromètre des glorieuses années passées sur les bancs de l’école et la basane des tavernes. Aussi faut-il voir à quel traitement les nouveaux soumettaient leur malheureux couvre-chef lorsque tout fraîchement acheté chez le marchand, ils s’obstinaient à relever par derrière avec des grâces de conscrit ou se refusaient à abandonner leur belle couleur verte désespérément neuve. Le baptême se faisait aussi vite que possible. La casquette empoignée servait de déversoir à tous les fonds de verre de la tablée et le nouveau payait la guindaille. L’étoffe devenait alors poisseuse et toute raide et, s’amollissant par la chaleur de la tête, se moulait sur le crâne. On recommençait plusieurs fois et au bout d’un mois ou deux la casquette se portait avec honneur. »


Premières diversifications des couleurs

Le Musée de la Vie Wallonne conserve une casquette d’étudiant du doctorat en Philosophie. Celle-ci, de couleur brunâtre suite à la marque du temps vraisemblablement, doit primitivement avoir été blanche. Ornée d’une étoile surmontée d’une flèche et d’un flambeau croisés, elle est datée de l’année académique 1886-1887. Elle atteste de l’apparition de l’étoile d’âge comme élément décoratif du couvre-chef, mais également de l’existence d’une casquette de couleur blanche.

En 1887, les publicités pour la casquette font leur apparition, notamment dans la presse estudiantine. Deux maisons se « disputent » la clientèle estudiantine. Ces annonces attestent de la popularité accrue d’un couvre-chef estudiantin.


On peut affirmer que la casquette est définitivement adoptée par l’étudiant. Elle est maintenant de toutes les sorties : agitée au-dessus de la tête pour accueillir les délégations étrangères venues aux fêtes universitaires dès 1881, elle est retirée, insigne honneur, pour écouter, « dans un silence religieux », les couplets de la Brabançonne des Etudiants, de la Marseillaise et du Chant national belge lors de la représentation théâtrale des fêtes universitaires de 1892.

L’apparition de couvre-chefs d’autres couleurs interpelle. Comment la répartition des teintes entre les Facultés s’est-elle opérée ?


Attribution des couleurs

Quatre facultés ou Ecole existent au sein de l’Université à cette époque : les Sciences, la Médecine, le Droit, la Philosophie et Lettres et l’Ecole des Mines créée en 1825.


Tout en restant très prudent, l’attribution des couleurs semble donner le vert à la Médecine. Par ancienneté ? Une école d’anatomie, ancêtre de la Faculté, est créée à Liège dès 1806, quelques années avant le Décret impérial de 1808 qui organise l’Université impériale en créant une Académie à Liège ? Le blanc est le coloris du Droit et de la Philosophie. Le noir ou le bleu ayant déjà été adopté, antérieurement, par les étudiants des Mines.

Cette même année 1893, à l’occasion de la visite du Roi Léopold II à l’Institut Montéfiore, le16 novembre, le président de l’A.G. prie les cercles universitaires d’envoyer une délégation en habit, casquette et insignes dans le but de saluer le Roi. Après un cheminement lent s’étalant sur plus de trente années, la casquette devient officiellement le symbole de l’état d’étudiant. L’habit ne doit être rien d’autre que le vêtement civil à porter en cette circonstance ; quant aux insignes, on peut croire qu’il s’agit des écharpes ou cocardes aux couleurs des diverses associations.

Apparition de la concurrence

La coiffure universitaire connaît une certaine baisse de popularité à la rentrée d’octobre1898. Est-elle menacée ? D’autres couvre-chefs estudiantins apparaissent à cette époque. Le béret de velours ou faluche apparue en Paris en 1888 et généralisée en en France en 1890, fait une timide incursion à Liège.

La toque à bordure d’astrakan ou calotte, inspirée de la coiffure des zouaves pontificaux introduite à Louvain peu avant 1890, s’implante dans les milieux catholiques estudiantins liégeois.

Les inquiétudes dans certains rangs estudiantins imposent l’intérêt de l’Association générale qui, en mars 1899, réaffirme la casquette comme première coiffure universitaire.


La fin du 19e siècle et le début du 20e siècle connaît d’importantes bagarres entre étudiants catholiques, dont le port de la calotte est considéré comme une provocation et porteurs de casquette, mais ce n’est pas le sujet de ce jour…

La demande de certains étudiants, en mars 1904, à l’A.G.F.C.F. d’adopter le béret de velours comme coiffure estudiantine de l’Université de Liège apparaît comme une ultime tentative de conciliation. La question, renvoyée devant les cercles facultaires, ne semble pas rencontrer de suites favorables.


Décoration

La casquette n’a pas une décoration très riche ou diversifiée ; les étoiles d’âges et les marques d’appartenance facultaires y sont présentes comme relevé plus tôt. Cependant, on voit apparaître, vers 1904, des « punaises » en lieu et place de l’étoile argentée. Celles-ci consistent en un insigne de forme hexagonale. Tout comme l’étoile dorée, elles indiquent les années passées à l’Université, à la nuance près que l’année ainsi mentionnée est redoublée.

En novembre 1911, l’A.E.E.S.C. prend la résolution de supprimer l’étoile blanche supplémentaire de la casquette. L’origine de cette marque de distinction particulière qui dénature la fonction première des étoiles d’âge est inconnue.

La différenciation de la casquette en fonction des études entreprises ne s’effectue plus seulement par un insigne. En 1905-1906, l’A.U.L.C.C.P.G. décide le port d’un ruban vert, blanc et mauve à la casquette. Il est possible que l’absence d’un insigne distinctif pousse le cercle à ce choix.

Episodiquement, une association se choisit un ruban distinctif, comme l’Association des étudiants en droit en 1914, même si, dans ce cas précis, le choix avait été effectué dès la création de l’association, en 1895 : le violet parce que les étudiants en droit de France portaient un ruban de cette teinte, le blanc à cause de la couleur de la penne.

Longueur

La longueur de la visière est à l’ordre du jour en octobre 1906. L’Etudiant Libéral Liégeois révèle que la « traditionnelle visière longue a fini par déplaire ». En conséquence, il propose que l’on adopte, à l’instar des étudiants bruxellois, « la petite casquette marine, à béret large et à visière tombante très étroite ».

Quelques années plus tard, un chroniqueur de Liège-Universitaire constate tristement le succès grandissant de la « ridicule casquette allemande ».

Poireau

Le couvre-chef estudiantin joue parfois un rôle assez curieux. En 1906, un professeur charge un étudiant de monter la garde à la porte de son auditoire et de n’y laisser entrer que les porteurs de casquettes blanches uni ou bistellaires ainsi que les casquettes vertes unistellaires. Les autres se voyant refuser l’entrée de l’auditoire…


Pour pouvoir effectuer cette « utile » distinction, encore faut-il que l’étudiant porte sa casquette. Il semble que ce ne soit pas toujours le cas. A la rentrée d’octobre 1907, les champions de la casquette, défenseurs ardents du port du couvre-chef estudiantin, montent au créneau et fustigent le « poireautisme ».

Le nom et sa signification

Dès octobre 1905, on pressent une certaine évolution dans la désignation de la casquette. La visière est appelée « penne ». On signale que le bleu la porte « très relevée pour dissimuler l’unique étoile » ; un autre étudiant, finissant ses études, regrette « Ah ! si j’avais pu être mofflé, J’porterais encore casquette à penne ».

En 1908, le terme ne désigne plus simplement la visière, mais le couvre-chef dans son ensemble.

Dans le cas de la penne, l’acception « casquette d’étudiant » semble découler du belgicisme comprenant penne comme synonyme de « visière ».

La Revue estudiantine Viens-y-Philis !! donnée à l’occasion du 25e anniversaire de la fondation de l’Association des étudiants en médecine en 1912, nous fait connaître une nouvelle évolution de l’appellation du couvre-chef :

Or donc vous baladant un beau soir au Carré,
Crapuleuse à la nuque ô emblème sacré !
Une môme aguichante, brunette ou blondinette,
Vous décoch’ en passant une tendre risette.


Dérivé du grec kraipalê « ivresse » par l’intermédiaire du latin « crapula », de même sens, le terme « crapuleuse » désignera notre penne dans l’entre deux-guerres mondiale, alors que le nom « casquette » avait complètement disparu.


En baptisant ainsi leur couvre-chef, les étudiants Liégeois ont probablement voulu revendiquer leur goût pour l’ivresse…

[Michel Péters,
Licencié en Histoire de l'ULg,
Président d'Honneur de l'Association générale des étudiants liégeois]