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samedi 25 février 2012

L'étudiant et l'automobile, par Bizuth

Cette série de saynètes ironiques dédiées à la totomobile a été croquée par Bizuth, cela se reconnaît au premier coup d'oeil. Elle a été publiée dans le Bruxelles Universitaire du 15 décembre 1923.

A notre connaissance, la quatrième scène est l'une des rares caricatures où Bizuth se montre mordant à l'égard de certains étudiants. Un instant, le dessinateur s'en prend aux fils d'enrichis, qui traitent l'ULB en pays conquis, et se range au côté du Poil modeste, qui va à pied et ne le dit à personne.

Mais l'humour jovial de Bizuth reprend vite le dessus. Il n'est pas question de séparer les Poils selon la fortune de leur papa. Aussi, notre dessinateur propose-t-il un concours d'à-fond entre les cylindrées 2 litres ouvert aux Poils de toutes catégories.







Ce document provient du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

jeudi 23 février 2012

Un punch de jadis, par Alix Pasquier

Cette description hallucinée d'un punch aux alentours de 1910 a été publiée dans le Bruxelles Universitaire du 15 décembre 1923 sous le titre "Une Saint-Verhaegen de jadis".

On notera que, sous la plume d'Alix Pasquier, les punchistes sont de blanc vêtus, avec le haut chapeau conique des alchimistes. Ces punchistes portent-ils une toge et un cône ou la blouse et la penne, ainsi que Bizuth les représente dans ses "Visions de Saint-Verhaegen" ? Voyez : (Visions de Saint-Verhaegen). Cela reste à éclairer.

On remarquera aussi que le Gaudeamus igitur, l'hymne international des étudiants, est à cette époque entonné comme un chant de guindaille.





Ce document provient du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

La fanfare de Liège à la Saint-Vé 1923

Cet articulet, accompagné d'une caricature de Bizuth, provient du Bruxelles Universitaire du 15 décembre 1923. Il complète le compte-rendu de la Saint-Vé, qui évoquait la visite des Poils à Manneken-Pis rythmée par l'excellente musique des camarades liégeois. Lisez : (Monôme et punch des Sauriens à la Saint-Vé 1923)

Tout comme les étudiants de Liège, ceux de l'ULB disposaient d'une harmonie, qui fonctionnait en tant que Cercle. On retrouve de nombreuses traces de son activité dans les journaux estudiantins bruxellois des années 1880 et 1890.

dimanche 19 février 2012

Le cortège de la Saint-Vé 1945

Le compte-rendu de la Saint-Verhaegen 1923, publié dans le Bruxelles universitaire du 1er décembre, nous indique que le char Solvay était tiré par Papyrus. Lisez : (Monôme et punch des Sauriens à la Saint-Vé 1923) Papyrus n'est, bien entendu, pas le sobriquet d'un comitard de solide constitution mais le nom d'un canasson. Epoque oblige, les chars du cortège de Saint-Verhaegen n'étaient pas tirés par des camions mais par des chevaux.

Si l'on en croit le dessin publié en Une par la Revue de Médecine et de Pharmacie lors de la Saint-Verhaegen 1945, cette tradition chevaline s'est perpétuée au moins jusque dans l'immédiat après-guerre.

Cette caricature regorge de détails. On y voit entre autres deux chevaux tirant des chars en bois, chargés de Poils et de fûts de bière. A l'avant-plan, on remarquera également le tambour et le trombonne de la fanfare, trois bourgeois à chapeau melon malmenés par des Poils (à gauche et à droite du premier char) et un policier remplissant son casque de bière.


Numéro spécial de la Revue de Médecine et de Pharmacie,
publié pour la Saint-Verhaegen 1945

C'est également un cheval qui tire le char en bois dans cette autre caricature du cortège de Saint-Verhaegen, publiée en 1946 par la même Revue de Médecine et Pharmacie. Le lecteur remarquera la trompette de la fanfare à bord du char et la fusée-pétard qui traverse le ciel.

Dessin de Jess dans la Revue de Médecine et de Pharmacie,
publiée pour la Saint-Verhaegen 1946.
Image empruntée au site Quevivelaguindaille.be

dimanche 12 février 2012

Les Sauriens : une chanson, un banquet et un punch

Avant la guerre, on respectait mon culte,
J’avais un tas d’adorateurs joyeux
Qui pour ne pas me lancer une insulte
M’adoptaient tous et sans espérer mieux.
Ah ! les beaux jours de bohème et d’orgie
Quand je couvrais Sauriens et Nébuleux,
Le Caïman m’aima toute sa vie
Que soit béni son amour fabuleux.

A ceux-là d’un petit air tendre
Quand ils venaient à l’examen,
Je disais sans faire d’esclandre :
« Halte-là, mes beaux chérubins,
Nos amours ne sont pas finies,
Pourquoi vouloir quitter mon bras ?
Je suis la buse, votre amie,
En juillet, on ne passe pas ! » […]

Cette chanson de René Mercier, reprise dans les Fleurs du Mâle, évoque l'un des plus fervents amants de "La Buse" : le Caïman. Si l'on en croit les auteurs de 1909 - 1934, L'université de Bruxelles (publié en 1934), le Caïman était le plus célèbre des Sauriens, qui brilla dans le Jardin des Piqûres, une revue estudiantine qui connut un véritable triomphe. Mais le Bulletin de l'UAE (de février 1963) croit savoir que le Caïman aurait dirigé le Cercle des Nébuleux vers 1910. Hum...

Ni faire-part ni couronne

Bon, bien... Des Sauriens, des Nébuleux... Commençons donc par le début : qui diantre étaient les Sauriens ? La question est aisée, la réponse plus difficile... Les Sauriens ont laissé peu de traces de leurs activités mais, d'après les quelques documents dont on dispose, on devine qu'ils étaient un cercle intime de tonneau. De même, si on sait qu'ils ont été actifs avant et après la Première guerre mondiale, on ne connaît ni la date de leur fondation ni celle de leur extinction.

Les Archives de l'ULB possèdent des menus de repas de la Saint-Verhaegen 1912 ainsi qu'une affiche datée de l'an II des Sauriens invitant les étudiants à présenter leur candidature. Ces différents documents portent la signature d'un certain Riskosaurus canotans ; ils sont donc contemporains et cela laisse penser que les Sauriens ont vu le jour en 1910 ou quelques années plus tôt.

Le Bruxelles universitaire du 1er décembre 1923 mentionne encore l'activité des Sauriens lors de la Saint-Verhaegen 1923. Lisez : (Monôme et punch des Sauriens à la Saint-Vé 1923). Nous n'avons (pour le moment) pas retrouvé de trace de leur existence après cette date.

Activités des Sauriens

Et l'alambic ou La cornue enchantée, revue estudiantine organisée par le Cercle des Sciences les 20 et 21 février 1913, consacre quelques vers à la société :

C'est nous les jeun's Sauriens,
On n' se r'fus' jamais rien,
En punch nous somm's experts,
Et en amour et en madèr'.

En plus de nous confirmer que les Sauriens étaient encore jeunes en 1913 et n'avaient donc été fondés que quelques années plus tôt, ces quatre vers nous indiquent que ce cercle se consacrait surtout à la guindaille et s'était spécialisé dans la réalisation du punch (divin breuvage composé de rhum, de citron et de cannelle).

Et ce savoir-faire survécut à la "Grande guerre" : dix ans après la revue du Cercle des Sciences, les Sauriens servaient encore un punch bien chaud à l'ensemble des Poils lors de la Saint-Verhaegen, ainsi que le rapporte le Bruxelles universitaire du 1er décembre 1923.

Dans l'article intitulé "Le Saint-Synode Saurien", nous présentons l'organisation interne des Sauriens. Mais le menu de Saint-Verhaegen présenté ci-dessous dévoile déjà quelques informations aux impatients : les Sauriens ont pris le squelette d'un iguanodon comme symbole et le mauve comme couleur.

 
Ce document provient du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.
Et pour les gourmands dont la vue baisse, voici le menu (digne d'un prince) :
Saint-Verhaegen 1912
Agape fraternelle
Les produits suivants seront soumis à l'appréciation des palais sauriens :
Potage St Germain
Entrée de diverses personnalités sauriennes
Cabillaud sauce mousseline, pommes nature
Gigot de mouton, chicorées wallonnes
Faisan truffé farci
Gâteau saurien
Fruits - Dessert
Menu dégusté par Mamosaurus Suculens

Le monôme français

Le cortège en monôme est - semble-t-il - apparu en France à la fin 19ème siècle. C'est à la même époque qu'il apparaît à l'ULB en 1888 (ou peu avant).

Le terme monôme serait né en 1878 à l'Ecole polytechnique française. C'est un jeu de mot sur "un seul homme" et une allusion à l'expression algébrique entre les parties de laquelle il n'y a pas de signe d'addition ou de soustraction.
 
Ce cortège étudiant -toujours pratiqué aujourd'hui - prend la forme d'une procession en file indienne, généralement effectuée la main sur l'épaule du voisin. Le plus souvent, on se déplace en tapant le pied gauche sur le sol et en traînant le pied droit.
 
Parmi les divers chants qui accompagnent le monôme des étudiants français, le "Monôme de Cluny" (écoutable ici) est assez évocateur du joyeux chaos engendré par le cortège :
 
Si un pékin traverse
Le monôme, le monôme
Si un pékin traverse
Il se fera fesser, fesser l' pékin.
Et si en fessant le pékin s'endommage,
Nous dirons ensemble au pékin courroucé :
Ah, il fallait pas, il fallait pas qu'il y aille
Ah, il fallait pas, il fallait pas y aller.
 
Le monôme des Gadz'arts à Aix-en-Provence.
Sur cette photo, les Gadz'arts portent la casquette.
Date illisible mais la carte a probablement été envoyée
peu après la Première guerre mondiale.

Le monôme dess Gadz'arts à Aix-en-Provence, en 1924.

samedi 11 février 2012

Le monôme croqué par Bizuth et mis en vers

Lors d'un monôme, les étudiants se promenaient en file en se tenant par les épaules. Dans ce rite - très probablement d'origine française - l'étudiant en tête de file imprimait des courbes au cortège en zigzagant sur la voie publique. On en trouve déjà une trace dans le compte-rendu d'une activité des étudiants de Médecine, publié par "L'Etudiant, organe de la jeunesse libérale universitaire" d'avril 1888.  Mais il est probable que ce cortège ondulant ait été pratiqué à Bruxelles bien avant cette date : en effet, aucune description n'accompagne la mention du monôme, ce qui laisse penser que le principe en était déjà largement connu.

On sait par contre avec certitude qu'à partir de la Saint-Verhaegen de 1888 le cortège estudiantin du 20 novembre se déroulait sous la forme du monôme. Ce rite se pratiqua lors de la Saint-Vé au moins jusqu'à la fin des années 1930.

En chanson

Un chant, composé peu après la Première Guerre mondiale, accompagnait vraisemblablement ce joyeux cortège de Saint-Verhaegen, où l'on défilait avec sa clippe (autre terme pour "penne"). Il se chante sur le refrain d'"Overthere" (écoutable ici) :

En avant, les enfants,
Nous allons défiler "clippe" au vent
A travers Bruxelles, avec nos belles,
Faisons un monôme éminent ;
En avant, les enfants,
C'est Verhaegen qui veut qu'on le fête,
Il nous faut donc perdre la tête ;
Cette nuit est réservée aux étudiants !

Vu par Bizuth

Ce dessin griffé Bizuth est la plus ancienne représentation du monôme connue d'En bordeaux et bleu. Il est extrait du Bruxelles universitaire d'avril 1928. A chaque fois que ce dessin a été publié, il était associé à un texte qu'il encadrait.

Pour avoir une description du monôme, lisez le compte-rendu de la Saint-Vé de 1923 : (Monôme et punch des Sauriens à la Saint-Vé 1923) 


Ce document provient du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

vendredi 3 février 2012

Monôme et punch des Sauriens à la Saint-Vé 1923

Ce compte-rendu de la Saint-Verhaegen a été publié dans le Bruxelles universitaire du 1er décembre 1923.

Nous y apprenons que le cortège de Saint-Verhaegen se déroulait encore dans les années 1920 sous la forme d'un "sinueux monôme". Ce rite se pratiqua lors de la Saint-Vé dès 1888 (et probablement avant) jusqu'à la fin des années 1930. Lors du monôme, les étudiants se promenaient en file en se tenant par les épaules. L'étudiant en tête de file imprimait des courbes au cortège en zigzagant sur la voie publique. De quoi épater le Bourgeois, surtout si le monôme comptait un nombre important d'étudiants... Celui de 1923 s'étirait du palais d'Egmont (où se trouvait la Maison des Etudiants) jusqu'au Mont-des-Arts.

Ce rite est très probablement venu de France : les étudiants de Bruxelles avaient en effet des contacts suivis avec ceux de Lille. Le terme même de monôme est un jeu de mot sur "un seul homme" et une allusion à l'expression algébrique entre les parties de laquelle il n'y a pas de signe d'addition ou de soustraction.

Au détour d'une ligne, cet article nous indique également que le cercle intime des Sauriens servait un punch bien chaud à l'ensemble des Poils. Pour les abstinents : un punch est composé de vin rouge, de rhum, de citron et de cannelle. Autant dire que servi chaud, ça dégage les neurones... Bizuth a croqué les préparations de ce nectar, dans son tableau "(Visions de Saint-Verhaegen)".

Enfin, le dessin (signé Bizuth) de fin d'article nous montre un Poil coiffé d'un béret, couvert d'étoiles. Ce couvre-chef, sans doute lui aussi emprunté au folklore des étudiants français, a été porté jusqu'à la Seconde guerre mondiale.


Ce document provient du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

Au C.M.U.

Un membre du cercle musical universitaire de l'ULB, croqué par Bizuth dans le Bruxelles universitaire du 1er décembre 1923.

La penne du violoniste porte les initiales du Cercle.


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